A Oignies, cinq cents personnes ont applaudi un François Hollande drapé dans sa « force tranquille »
François Hollande aura passé dix petites minutes au 9/9 bis avant son meeting salle Bouchard. S'il n'était pas en campagne, on jurerait que le candidat à la primaire socialiste prend goût au bassin minier. ...
Car non content d'y revenir pour la seconde fois en un peu plus de deux mois, François Hollande s'y attarde. Au point de déborder copieusement sur son agenda qu'on imagine millimétré et d'arriver ainsi avec quarante cinq minutes de retard au 9/9 bis d'Oignies, qui n'était, il est vrai, qu'une simple halte avant le grand meeting de la salle Bouchard.
Sourire jovial, cravate bleue et teint hâlé, l'homme qui caracole en tête des sondages et draine dans son sillage une armada de journalistes, s'est comporté en parfait candidat, distribuant force bises et franches poignées de mains. Parmi la poignée de badauds, Marité jubile et murmure à qui veut l'entendre qu'elle a « fait la bise au futur Président de la République ! ». Une opération séduction tout juste écornée par un peu amène « Rentre chez toi, François ! », crié de l'autre côté de la rue, et qui n'eut d'autre conséquence qu'un regard interloqué du candidat pressant un peu plus le pas. Cinq petites minutes de visite, montre en main, une rapide présentation du projet du Métaphone, et voilà François Hollande en partance pour la salle Bouchard, où il se murmure que la foule y est nombreuse. Grosso modo 500 personnes, une telle affluence impliquant d'ajouter des chaises au dernier moment. Mais avant la liesse, il y avait un comité d'accueil, autrement dit les membres du Collectif Fraternité Roms bassin minier, venus distribuer des tracts et interpeller le candidat. Pacifiquement. Lui écoute, l'air grave, et poursuit sa route.
C'est qu'un bain de foule l'attend, avec quelques klaxons ponctuant la marche triomphale du candidat vers l'estrade, avec la musique de U2 en fond sonore. « Il fait très force tranquille », glisse un monsieur à l'oreille de son épouse, tandis que le président de la CAHC, Jean-Pierre Corbisez, fait, lui, assaut d'envolées lyriques pour montrer à quel point il est heureux d'accueillir celui qui, avec DSK « a été le seul à tenir tête à Sarkozy ». Et à qui il offre une lampe de mineurs, symbole « de rassemblement » et de « fraternité, celle que les mineurs avaient au fond de la mine et dont je souhaite qu'on la retrouve très vite après les primaires.