François Hollande dans le bassin minier : « Un euro pour se débarrasser de Nicolas Sarkozy, ce n'est pas cher »
À l'hôtel de ville de Liévin, François Hollande dans les pas de François Mitterrand. PHOTO DELPHINE PINEAU « Il a fait une cure, il faudra qu'il donne sa recette ! » Le régime amaigrissant de François Hollande a vraisemblablement suscité des vocations hier à Liévin. Mais le candidat à la primaire socialiste n'est pas venu dans le bassin minier pour parler de son tour de taille. Non, François Hollande est plutôt venu glisser ses souliers dans les pas de François Mitterrand. ...
« Vous vous souvenez du discours de François Mitterrand au mois de novembre 1994 », ne manque d'ailleurs pas de rappeler Jean-Pierre Kucheida, le député-maire de Liévin : « C'était un discours empreint d'histoire, qui disait aux socialistes : "Rassemblez-vous." »
Et c'est bien en rassembleur que François Hollande se pose. La petite phrase de Ségolène Royal qui lui reproche trente ans d'inaction, il n'en a (sondages favorables aidant) cure : « Moi, je n'entends rien. Je ne me laisse détourner par aucune phrase, aucun événement. J'essaie de dire du bien des concurrents de la primaire. Je ne veux pas qu'on puisse utiliser le moindre de mes propos. Le respect conditionne le rassemblement. Je dois veiller plus qu'aucun autre à ne rien faire qui puisse aller à l'encontre de la victoire le 6 mai 2012. » Les amateurs de perfidies en sont donc pour leurs frais. François Hollande la joue « force tranquille » : « Le PS n'a pas gagné d'élection présidentielle depuis 1988, depuis vingt-trois ans. François Mitterrand a été une référence. Il faut que la force de son esprit nous inspire. »
Mais François Hollande n'est pas seulement venu dans le bassin minier pour se caler dans l'ombre de la silhouette mitterrandienne : « Lebut, c'est de montrer qu'un territoire qui a une mémoire, une culture, a aussi un avenir. » Phrase illustrée par son périple d'hier du côté des sites miniers de Liévin, Loos-en-Gohelle, Oignies mais aussi au Louvre-Lens. À quelques coudées de là où le FN a établi ses bases : « Dans les sondages, que personne ne regarde naturellement, Marine Le Pen est à 18 ou 19 %. Au-dessus de ce qu'a été le résultat de Jean-Marie Le Pen en 2002. Ce serait un tort de penser qu'il est certain que la gauche sera au second tour de l'élection présidentielle. »
Ceci étant dit, François Hollande espère naturellement un autre destin. Il l'affirme avec humour : « Un euro pour pouvoir voter aux primaires, c'est encore une taxe de plus me direz-vous. Mais enfin, un euro pour se débarrasser de Sarkozy, ce n'est pas cher. » Des formules qui ont su toucher les quelque 500 militants rassemblés hier soir à Oignies. Les cornes de brume étaient de sortie. Pour sortir le PS du brouillard ?