Autour de François Hollande, un « pacte béthunois » pour « le seul candidat capable de battre la droite »
Odette Duriez, Jacques Mellick et Raymond Gacquère, parmi les supporters du candidat Hollande. « Le pacte béthunois » : l'expression est lancée et à la section Copernic, on
trouve qu'elle en jette. Mercredi soir, les signataires sont tous là à former un bloc sur lequel François Hollande peut se reposer. Jacques Mellick prend le soin de zoomer dans l'assistance sur des invités qu'on aurait loupés : au milieu des militants de base, des maires du Béthunois ou leurs adjoints, Yves Dupont à Annequin, Dominique Delecourt à Cuinchy, Yvon Massart à Chocques, Philippe Scrivani à Annezin... Et Bernard Seux, conseiller d'opposition, l'ex-frère ennemi qui a rendu les armes.
Un autre qui sort du lot, c'est François Queste, éloigné le temps du premier tour - mais avec la bénédiction des siens, par fidélité à Ségolène Royal. Il sait depuis dimanche quel bulletin glisser dans l'urne au second tour, mais « par décence et respect, j'ai attendu ses consignes. Je la rejoins sur sa position... » La mine est un peu défaite, il admet que le score piteux, injuste à ses yeux de militant, de la présidente de Poitou-Charentes l'a laissé « effondré, écoeuré. ». Sa présence ici ne constitue pas « un vote d'adhésion, je reste convaincu de la pertinence des idées de Ségolène Royal ».
Les plus gradés sont à la table des apôtres et Jacques Mellick ne monopolise pas le temps de parole. On croise ici des conseillers généraux (la MRC Isabelle Péru, Alain Delannoy et Raymond Gacquère), une sénatrice (Odette Duriez) que Jacques Mellick n'a pas encore perdu l'habitude d'appeler « député ». Pas de préséance, la parole passe de l'un à l'autre avec cette complication que l'inspiration va tarissant. « Tout a déjà été dit », rament les derniers.
Puisqu'ils parlent d'une seule voix, on retiendra qu'ils prêtent au candidat Hollande des qualités particulières : « Humanisme », « écoute », « respect », « expérience de onze ans à la tête du parti »... Un homme « de terrain » qui dans sa Corrèze a su s'attirer la sympathie « de Bernadette Chirac » - et, boutade ou non, les intentions de vote de son ancien président de mari. Dans le Béthunois, François Hollande n'a laissé que de bons souvenirs de ses passages à Annequin, Cambrin, Béthune... Pas comme Martine, quoi, qu'Yves Dupont ne se rappelle pas avoir vue dans le Pas-de-Calais...
Ce n'est pas qu'ils dénient à Martine Aubry ses « compétences », du tout, mais les Coperniciens, dont la théorie place François Hollande au centre de l'univers, sentent leur poulain plus proche de leurs soucis. Jacques Mellick glisse un mot pour rappeler que la Nordiste a tiqué sur l'idée d'une liaison Lille-Noyelles. « C'est un problème de confiance pour nos intérêts, particulièrement ceux du bassin minier. Ils sont énarques, mais elle est restée technocrate, lui est un homme de terrain. » Trop Nordiste, Martine ? Isabelle Péru craint qu'« elle ne travaille que pour son territoire, pour sa ville, en oubliant le Pas-de-Calais ». Et puis François Hollande lui a apporté un soutien pendant les cantonales. « Je ne l'oublie pas. » Emballés par la participation, tant dans le pays que dans leurs communes (à Annequin par exemple, 10 % des inscrits ont pris la peine d'aller à Cambrin pour voter ; au Mont-Liébaut, fief mellickien, on a aussi voté en masse se hâte-t-on de noter comme un signe d'influence, et tant pis si à Copernic Aubry est en tête), ils espèrent encore mieux pour dimanche, sur fond « d'ambiance exceptionnelle ». Manuel Valls et Jean-Michel Baylet se sont ralliés à François Hollande. Pas de consignes pour Arnaud Montebourg alors la porte est ouverte. L'espoir, c'est « un écart important, qui légitime sa candidature » et aide à faire digérer la pilule au camp « adverse ». Parce que même si François Hollande refuse de répondre aux aiguillons lancés par la maire de Lille, les militants se lâchent. Question de feeling. La dame est autoritaire, « adjudant-chef. C'est Michel Delebarre qui le dit ! » Dire que dimanche soir, il faudra panser les griffures et se rassembler. Comme un seul homme. Ou une seule femme.