François Hollande veut soulager la Tunisie de sa dette de 2011

Publié le par repondre à Gauche 62

François HollandeFrançois Hollande, candidat à la primaire présidentielle socialiste en France, est en visite de deux jours en Tunisie. Il a été hier soir, l’invité de la branche tunisienne de  l’association Français du Monde, pour rencontrer les Français, et les binationaux installés en Tunisie. Un grand nombre de personnes avaient répondu présents à l’invitation durant laquelle François Hollande a évoqué les grandes lignes de sa campagne électorale et son soutien à la Tunisie.

A peine arrivé à Tunis, le candidat socialiste a rencontré hier les représentants de quelques partis politiques tunisiens et des membres de la société civile. Reconnaissant le rôle clé de la jeunesse dans le déclenchement de la révolution tunisienne, qui a aussi gagné le monde arabe, et visiblement l’Europe, le candidat socialiste a déclaré qu’il mettait la jeunesse au centre de sa campagne de 2012. «Si la jeunesse commence à se mobiliser, c’est parce qu’elle ne se sent pas au centre de ce qui se passe, pas au centre des décisions qui sont prises », dit-il.

Concernant la Tunisie, François Hollande a exprimé son soutien indéfectible à la transition démocratique qui s’y prépare et a déclaré avoir appelé le G8 à mobiliser une aide immédiate qui permettrait d’éponger la dette tunisienne de 2011. «Le gouvernement tunisien est en train d’établir un plan de développement de 25 milliards d’euros. Tout de suite, nous devons aider un pays qui subit des pertes en termes de recettes d’exportation, de tourisme et des charges comme celle des réfugiés. L’essentiel est que l’on dispense ce pays de sa dette et ses intérêts de 2011, on lui octroyant son équivalent », s’est-il exprimé non sans plaire à son auditoire tunisien. Il a toutefois expliqué, qu’il n’était pas possible de dispenser la Tunisie du paiement de la dette, parce qu’elle serait alors dégradée dans les classements économiques.

Toujours en matière de politique étrangère, le candidat socialiste fait état de son ouverture pour les pays du Maghreb. Il soutient l’idée d’une alliance méditerranéenne « avec une autre méthode », dit-il, en faisant allusion à l’Union pour la Méditerranée, projet de Nicholas Sarkozy, qui a échoué, avec la chute de deux dictateurs de la rive sud.

«Je suis pour une politique de visas qui accorde des titres longs, pour des allers-retours plus fréquents », ajoute-t-il.  Il a également défendu le principe de bi-nationalité qui est actuellement, contesté dans la classe politique française. «C’est un droit que d’être binational, nul n’est obligé de choisir sa nationalité…on a le droit de vivre librement cette double appartenance». Volet, immigration, François Hollande a rappelé  la nécessité d’accueillir de nouveaux émigrés en France, de 30.000 à 40.000 pour des raisons économiques, et 60 000 étudiants. Ce qui n’est pas du goût du gouvernement français actuel, dont le ministre de l’Intérieur a déclaré vouloir réduire le nombre d’immigrés pour des raisons économiques de moitié, pour faire diminuer le chômage. François Hollande pense que le vrai problème, ce sont les clandestins qui sont déjà en France, « qu’il faut régulariser au cas par cas, selon des critères », en exprimant son rejet de la stigmatisation dont font l’objet les quelques 25 000 émigrés clandestins tunisiens qui se sont retrouvés en Europe.

Interrogé sur son avis sur l’intervention de l’OTAN en Libye, François Hollande répond : «  je suis pour que l’ONU empêche un dictateur d’écraser son peuple…je pense même que l’ONU a mis trop de temps pour se décider ».

Blâmée pour sa défection à la révolution tunisienne à ses débuts, la France veut se remettre sur les devants de la scène et rattraper le coup en redoublant d’effort vers la Tunisie : « Quand la France n’est pas au Rendez-vous, comme pour la Tunisie, c’est une humiliation pour chaque Français…Je parle d’un rendez-vous avec son idée de la France » , a-t-il dit.

A propos du dossier palestinien, François Hollande est diplomate : « Nous avons la responsabilité de la sécurité d’Israël et la volonté de créer un Etat palestinien ».

En s’adressant aux journalistes français qui l’accompagnaient, il a appelé, en fin de séance, à encourager ses compatriotes à venir passer leurs vacances en Tunisie, un acte qu’il dit utile pour la démocratie en Tunisie.

 

Gnet

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