Hollande, l'« homme neuf »

Publié le par repondre à Gauche 62

 

 François Hollande : « Durant cinq ans, j'ai été associé à toutes les décisions prises par le gouvernement Jospin. » Photo afp
François Hollande : « Durant cinq ans, j'ai été associé à toutes les décisions prises par le gouvernement Jospin. » Photo afp

François Hollande est aujourd'hui en Dordogne, où est organisée ce soir sa première réunion publique en tant que candidat à la primaire socialiste

.

« Sud Ouest ». Vous êtes en campagne pour la primaire socialiste. Quel message venez-vous porter aux socialistes périgourdins ?

François Hollande. Je suis venu de nombreuses fois dans le cadre de campagnes électorales ou comme premier secrétaire du PS.

Aujourd'hui, je viens dans le cadre de la primaire devant les militants et sympathisants, et donc comme possible candidat socialiste à l'élection présidentielle, ce qui me confère certaines responsabilités.


Avec Dominique Strauss-Kahn, vous aviez des approches différentes. Aujourd'hui, la déclaration de candidature de Martine Aubry semble imminente. Comment allez-vous marquer votre différence avec elle, pour éviter le bonnet blanc et blanc bonnet ?

Il y aurait une logique, compte tenu du pacte qui les liait, dans le fait que, Dominique empêché, Martine aille vers la candidature. Je respecterai son choix.

Je ne me détermine pas par rapport à d'éventuels concurrents socialistes mais par rapport aux Français. La primaire sera un test démocratique pour nous départager, et nous nous rassemblerons tous derrière celui ou celle qui aura été désigné.


Ne craignez-vous pas que cette primaire stigmatise vos fractures et mette en marche la fameuse machine à perdre socialiste ?

Je connais cette machine, nous ne sommes pas obligés de la faire fonctionner. Les Français attendent un changement en 2012. C'est notre devoir d'être à la hauteur de ce rendez-vous. Le débat doit être maîtrisé, et je n'admettrai aucune médiocrité.

On entend pourtant déjà au PS l'expression « Tout sauf Hollande » !

Ce n'est pas une bonne façon d'aborder la primaire. On n'est jamais candidat contre, mais pour la victoire de son camp. Je mets en garde ceux qui prépareraient la primaire comme un congrès du PS.

Justement, vos adversaires de droite mettent en doute votre capacité à être un homme d'État et vous cantonnent au rôle d'homme d'appareil.

Durant cinq ans, j'ai été associé à toutes les décisions prises par le gouvernement Jospin (NDLR : comme premier secrétaire du PS). J'ai une expérience nationale et internationale. Je connais le pouvoir et surtout je connais la France. Je suis un homme neuf. Il n'y a que M. Sarkozy pour croire que pour devenir président il faut l'avoir déjà été.

Votre seul mandat est celui de président du Conseil général de la Corrèze, l'un des départements les plus pauvres de France…

C'est ma légitimité, c'est là que des électeurs m'ont accordé leur confiance. J'essaie d'y améliorer la vie des gens et d'innover. Je ne prétends pas appliquer à toute la France ce que je fais en Corrèze.

Je veux que la jeunesse soit le grand enjeu de l'élection de 2012. Je pense que c'est une force que de trouver des solutions pour les jeunes, en commençant par l'école.


Avec l'affaire DSK, et Jacques Chirac qui va revenir devant la justice, l'image des politiques n'est pas très bonne. Comment comptez-vous lui redonner du crédit ?

Depuis le début de ma campagne, j'ai défendu l'idée d'un président exemplaire. Le président de la République doit être une référence : ambitieux pour son pays et humble pour lui-même.


Les Français vont exiger de plus en plus de transparence. Cela nécessite-t-il, pour vous, de dévoiler tous les aspects de sa vie privée ?

Je suis pour une transparence tout en gardant le respect de la vie privée. Cela doit être valable pour les politiques comme pour les citoyens. Il est très important de séparer ce qui relève de la vie publique et ce qui est la vie privée.

Dans l'affaire DSK, il ne faut pas oublier la présomption d'innocence, ni ignorer les droits de la plaignante de demander justice.


L'affaire DSK a levé le voile sur d'anciennes affaires, comme celle de Tristane Banon, et aussi relancé le débat sur la misogynie et le sexisme.

Il y a eu des phrases malheureuses et maladroites, je les déplore. Cette affaire a d'abord suscité le scepticisme, mais j'estime que, quelle que soit son issue, elle doit rappeler le droit des femmes.

Je suis favorable à aller plus loin en matière de législation sur les violences faites aux femmes et à une loi aussi forte que celle qui existe en Espagne pour les réprimer.

Sur Tristane Banon, je ne dispose d'aucune information.

 

 

 

Publicité

Publié dans Actualités

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article