Quand Hollande commence à "se lâcher" sur Aubry
Entre François Hollande et Martine Aubry, c'est l'heure du combat final / AFP
A la veille du débat télévisé entre les deux finalistes à la primaire socialiste, le ton montre au PS. Mardi matin, le porte-parole du parti Benoît Hamon, soutien de Martine Aubry, a affirmé que François Hollande incarnait "une gauche gestionnaire, qui attendrait tranquille, peinard, pépère, que Sarkozy tombe comme un fruit mûr pour pouvoir s'installer à la place". La réplique du député de Corrèze ne s'est pas fait attendre. En visite sur un marché parisien, il a dénoncé implicitement "les manœuvres obliques" de la maire de Lille et affirmé qu'il était "pour une gauche solide et sincère". Et d'ajouter : "On a à s'expliquer. Moi, je suis de gauche, je n'ai pas besoin d'en faire la démonstration".
Là où Martine Aubry fustige la "gauche molle" représentée selon elle par son rival, le porte-parole du PS Benoît Hamon dénonce "une posture gestionnaire qui consiste à donner des gages aux marchés, aux agences de notation, à prendre mille précautions quand on parle d'un progrès social".
Alors qu'on lui demandait : "Vous n'en avez pas marre d'être attaqué sur la gauche que vous incarnez ? Martine Aubry vous attaque là-dessus", François Hollande a répondu : "Je ne sais pas, parce que ce n'est jamais frontal, ce n'est jamais direct. C'est toujours insidieux. Moi, je n'aime pas les manœuvres obliques".
"J'ai été dès mon premier vote à gauche. Je me suis engagé au Parti socialiste très tôt, j'ai été un militant, j'ai été un élu, j'ai conquis tous les mandats que j'ai gagnés. Je n'ai hérité de rien", al fait valoir le député corrézien, visant la fille de Jacques Delors.
"J'ai dirigé pendant onze ans le Parti socialiste, sur une ligne stratégique qui a été toujours l'union de la gauche, j'ai rassemblé toujours la gauche et toujours le Parti socialiste", a-t-il poursuivi. "Je n'ai pas de leçons à recevoir et pas de leçons à donner". "J'ai trop de responsabilités aujourd'hui car après la primaire, il va falloir rassembler aussi. Il n'y aura pas des socialistes durs et des socialistes mous, si tant est que cette distinction ait un sens", a-t-il observé, alors que la maire de Lille accuse implicitement le député de Corrèze d'être un représentant de la "gauche molle".
"La conception de la gauche, c'est une gauche solide, parce qu'il va falloir être volontaire et tenir bon sur nos engagements et une gauche aussi sincère parce que rien ne doit être dit qui ne puisse être fait. Moi, je ne varierai pas sur cette ligne. Je suis pour la gauche solide et sincère", a dit encore François Hollande, en visite au marché du Boulevard Ornano (Paris XVIIIème).