Primaires socialistes : François Hollande dans le bassin minier pour « convaincre »
François Hollande, candidat aux primaires socialistes, fera étape aujourd'hui dans le bassin minier. Dans une région où il est déjà passé à plusieurs reprises, il empruntera un circuit qui ira de Liévin à Oignies en passant par le chantier du Louvre-Lens. Une journée pour « convaincre, avec un meeting dont la porte restera ouverte ».
- Votre visite dans le bassin minier comporte de nombreuses étapes. Quel est le but ?
« Mon but n'est pas de demander aux militants d'affirmer leurs préférences, mon but est de convaincre les Français de participer à cette consultation inédite qu'est la primaire puisque chacun y a librement accès. »
- Avez-vous déjà des soutiens affirmés dans le bassin minier ?
« Vous le savez, des élus ont déjà manifesté leur soutien. Mais c'est à eux de le dire. Ce n'est pas à moi d'en faire la liste. Je trouve important d'avoir le lien avec ces élus qui eux-mêmes ont avec leur territoire une relation qui donne confiance aux électeurs, y compris pour leur indiquer celui qui peut être en situation de remporter la présidence de la République face à Nicolas Sarkozy. Mais moi je ne veux contraindre personne, je laisse les élus et les responsables faire leur choix : je ne suis pas dans la préparation d'un congrès socialiste. Il s'agit là vraiment d'une élection que les Français n'ont jamais connue. C'est-à-dire un parti qui ouvre ses portes et accepte que ce soit les électeurs qui décident directement du nom du candidat.
» - Quel message adressez-vous donc aux militants du bassin minier et plus largement à la population ?
« C'est une population qui souffre d'un manque de considération de la part de l'État. Je le vois à travers la remise en cause d'un certain nombre de droits qui lui étaient attachés depuis longtemps. Elle connaît un niveau de chômage élevé, de la précarité et elle attend donc d'abord des emplois et du pouvoir d'achat. L'activité économique est trop faible aujourd'hui pour offrir à chacun une espérance d'insertion. C'est aussi une population qui est pénalisée au niveau de l'accès aux soins car la présence médicale est insuffisante. Sans oublier le renchérissement de l'accès à une médecine de qualité.
Elle demande solidarité et considération. » - Justement, si vous êtes élu président de la République, quelle est la disposition que vous prendriez en priorité pour aider ce territoire ?
« La proposition qui me paraît la plus appropriée à la situation que nous vivons est le contrat de générations. C'est-à-dire proposer qu'un employeur qui gardera un senior le temps qu'il puisse disposer de ses droits à la retraite et embauchera un jeune de moins de 25 ans avec un contrat à durée indéterminée, ne paiera plus de cotisations sociales sur les deux emplois. Le premier apportant aussi toute son expérience au second. Pour le bassin minier en tant que tel, nous devons assurer que, sur le logement notamment, les promesses soient tenues et faire en sorte aussi que sur l'industrialisation des sites nous fassions le choix d'investir dans les nouvelles technologies. Ce qui a déjà été engagé heureusement grâce à la Région. Mais là il faudra, avec la Région, avec Daniel Percheron, faire un contrat spécifique. » - Si vous êtes élu, imaginez-vous quelle place pourrait prendre le ministre de la Culture dans le fonctionnement du Louvre-Lens ?
« Je tiens à rappeler d'abord que Jack Lang a joué un rôle très important pour la venue du Louvre à Lens. J'avais moi-même appuyé les interventions des élus, de Daniel Percheron, auprès de Jacques Chirac, président de la République, qui avait compris le sens qu'il fallait donner à cette implantation. Il faut maintenant que celle-ci soit réussie. Le ministre de la Culture, mais je ne vais pas déjà composer un gouvernement, aura à coeur d'en faire un pôle de rayonnement qui devra d'ailleurs attirer toutes les formes de cultures et toutes les pratiques culturelles autour de ce pôle d'excellence qu'est le Louvre. » - Et si vous étiez élu, y aurait-il dans votre gouvernement des élus du bassin minier ?
« Vous comprendrez bien que je suis pas ici pour distribuer des responsabilités alors que la primaire est devant nous et que l'élection aura lieu dans 9 mois. Je suis là pour convaincre. Mais il existe des talents dans cette région et il y a des territoires qu'il faut représenter. Ainsi que des cultures, au sens de la culture ouvrière, de la culture des travailleurs, du labeur difficile. » - Dans le bassin minier, les scores du Front national ont progressé. Quelle est la responsabilité du PS dans cette situation ?
« Nous avons tous une responsabilité : les partis politiques et les citoyens, qu'ils votent ou pas pour le Front national d'ailleurs, parce que nous devons offrir à toute la population une espérance. C'est quand elle doute d'un avenir, quand elle craint une dilution de la Nation, quand elle a le sentiment d'un abandon, qu'elle peut elle-même se donner à l'extrémisme. Même si ça ne correspond pas à son histoire et à tout ce qu'ont été les luttes sociales dans ce bassin minier. Je souhaite que les ouvriers et les catégories populaires soient fiers de leur pays. Qu'ils aient le sentiment d'une dignité, d'une reconnaissance. Il faut améliorer la situation de l'emploi mais aussi que chacun ait une tranquillité, une sécurité. »
- Des élus du secteur supportent Martine Aubry et ils entendent le faire savoir. De quelle façon le percevez-vous ?
« S'ils veulent venir à notre meeting, ils seront tout à fait bien accueillis. S'il s'agit d'apporter même une controverse, c'est légitime dans une primaire. Parce que nous serons tous rassemblés au lendemain de la consultation pour battre la droite et faire avancer la France. Moi je n'ai aucun adversaire au sein du Parti socialiste. Et encore moins dans cette primaire. »