Hollande répond à Fillon en dénonçant la présidence "anormale"

Publié le par repondre à Gauche 62

François Fillon avait considéré samedi matin que « l’homme du quotidien », dans une allusion discrète à François Hollande et à son concept de « président normal », ne pouvait prétendre diriger la France.

Pour François Hollande, la France a besoin de "cohérence" et de "maîtrise"
Pour François Hollande, la France a besoin de "cohérence" et de "maîtrise" SIPA

Le futur président français sera-t-il normal, anormal ou hors-norme ? Bien malin qui pourrait répondre à un an de l’élection de mai 2011. La problématique a toutefois donné lieu à une passe d’armes entre François Fillon et François Hollande samedi. Le Premier ministre est revenu sur l’éphémère slogan de campagne du candidat corrézien à la primaire socialiste, qui avait déclaré en mai que le pays avait besoin d’un « président normal ». Un concept pour se différencier de Nicolas Sarkozy, jugé par lui outrancier et inconstant, mais surtout de Dominique Strauss-Kahn, le flamboyant directeur général du FMI.

 

Depuis la sortie de route de DSK dans la course à l’investiture socialiste, le slogan s’est fait plus discret. D’autant qu’il lui a valu les railleries de ses autres rivaux, Martine Aubry en tête. « Je suis une femme normale au sens que je vis comme tout le monde, mais je pense que quand on veut être candidat à la présidence de la République, il faut un peu plus », taclait-elle sur France 2 une semaine après l’arrestation de DSK.

François Fillon s’en est donné à cœur joie samedi, lors d’un meeting UMP salle Gaveau à Paris. « Ceux qui se font fort d’instaurer une "présidence normale" ne savent pas de quoi ils parlent », a lancé le chef du gouvernement, arguant que la charge suprême ne pouvait être endossée par « l’homme du quotidien ».

« Ce que j’ai dit a touché »

Habile contre-attaque de François Hollande, plus tard dans la journée. Le président du conseil général de Corrèze a commencé par se féliciter d’avoir lancé le débat. « Je sens que ce que j'ai dit depuis plusieurs mois a touché », a-t-il commenté lors d’une fête de la Rose à Chelles (Seine-et-Marne). Et l’ex-premier secrétaire socialiste de changer d’angle d’attaque. Il ne prône plus la normalité mais combat l’anormalité. « Il a tort », a-t-il estimé à propos de François Fillon. « Les circonstances peuvent être exceptionnelles. Les conditions d'un mandat présidentiel sont forcément difficiles et éprouvantes et c'est pourquoi il faut des capacités de cohérence, de stabilité, de respect, de maîtrise, ce qui a manqué depuis près de cinq ans ». « La façon dont Nicolas Sarkozy a dirigé le pays est profondément anormale », a-t-il également fait valoir dans notre interview publiée vendredi.

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