Hollande pro-Région

Publié le par repondre à Gauche 62

 Hier dans les locaux de la Snecma du groupe Safran au Haillan. photo thierry david
Hier dans les locaux de la Snecma du groupe Safran au Haillan. photo thierry david

 

 

 

Si François Hollande passe victorieusement le cap de la primaire socialiste en octobre, on sait déjà quel sera l'un de ses principaux angles d'attaque contre Nicolas Sarkozy : la décentralisation. Ou plutôt, la re-décentralisation, puisque, selon le président du Conseil général de la Corrèze, le processus engagé en 1982 par le gouvernement Mauroy a subi ces derniers mois quelques maléfiques interruptions, notamment dans le domaine fiscal.


Il est vrai que sa venue à Bordeaux, hier, à l'invitation du président du Conseil régional Alain Rousset, avait précisément pour thème les territoires associés à l'innovation industrielle. Les deux hommes avaient d'ailleurs visité dans l'après-midi « deux entreprises chacune leader mondial dans leur domaine », la Snecma du groupe Safran au Haillan (aéronautique) et i2S à Pessac (numérique).


A l'IEP

Face à l'amphithéâtre de l'IEP de Bordeaux, en fin d'après-midi, Alain Rousset et François Hollande ont développé leurs conceptions en matière de répartition des compétences entre État, Région et Département. Le propos très spécialisé a sûrement dérouté une assistance plus rodée à la politique nationale. Mais au moins, on en sait un peu plus sur ce que pourrait proposer le candidat socialiste à la présidentielle s'il s'appelait François Hollande. Ainsi, il se présenterait comme l'anti-Jacobin type : « La tentation de constituer un projet national où l'État ferait tout est à combattre. Ce n'est pas vrai que l'État peut tout faire et un président de la République décider de tout. L'État doit montrer le cap à suivre, mais aucun projet ne pourra plus aboutir s'il n'est pas partagé par les collectivités locales. »


Un discours de président de Conseil général ? Oui et non. Car pour le Corrézien, le Département, « qui est la collectivité ayant le plus profité de la décentralisation, arrive maintenant en fin de cycle. Il restera l'instance de proximité et d'innovation, mais dans mon projet, la Région aura une compétence plus élargie. »


Évidemment, à ses côtés, Alain Rousset buvait du petit-lait. On a bien senti une connivence profonde entre les deux hommes, qui explique sûrement le soutien de l'Aquitain au candidat de la primaire. Un bémol toutefois : Hollande s'est montré plus partisan de la métropole, « unité décisive », que son ancien condisciple à Science Po.


Et le souffle, dans tout ça ? Peut-être dans une tirade en faveur de la jeunesse, rempart contre le populisme. Il est vrai que le public s'y prêtait.

 

 

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Publié dans Actualités

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