Dans sa maison des mines, Françoise avait rendez-vous avec François Hollande
Un candidat à la primaire socialiste dans son jardin: de quoi épater les voisins! Viendra ? Viendra pas ? En visite dans le bassin minier,le candidat à la primaire socialiste devait faire une halte chez Françoise Obert, veuve de mineur, habitant un logementdes mines. Jusqu'au bout, ona cru que François poserait un lapin à Françoise. Eh bien non ! Ambiance.
Il est venu. Il n'a pas encore vaincu mais a vu. Quoi ? Un logement des mines. Où ? Chez Françoise Obert, veuve de mineur. Henri Leroy est l'un de ces hommes décédés dans la catastrophe de 1974. François Hollande leur a rendu hommage hier après-midi. « C'est le plus important. Plus que venir ici chez moi. »Un chouïa anxieuse à l'idée de recevoir « quelqu'un de quand même important », Françoise semble en revanche se moquer complètement de sa couleur politique. « Je ne m'en occupe pas ! Je suis fière de rendre hommage à mon mari et à tous les autres.
Fière qu'on ne les oublie pas. » Alors mettre les petits plats dans les grands ? Non ! On soupçonne tout de même l'excès de ménage... Même pas ! « J'ai l'habitude que ce soit comme ça alors c'est resté comme ça. » 16 h 15. L'heure tourne. « Mon amie Anna arrive à 17 h 30 et puis après on va à la stèle. On n'a pas besoin d'y être trop en avance... avec le temps qu'il fait ce n'est pas la peine. » D'autant plus qu'un homme politique en visite quelque part a peu de chance d'être à l'heure. Voire aucune. C'est le jeu ma pauvre Lucette.
17 h 45. L'heure du rendez-vous devant la stèle a sonné, mais pas de François Hollande à l'horizon pour déposer une gerbe. « Dès qu'il a fini son discours, on y va, indique-t-elle à son amie de toujours Anna Szczepanski (son époux a été blessé dans la catastrophe).
Il ne faudrait pas qu'il arrive à la maison et qu'il n'y ait personne ! » François Hollande est bien venu, s'est bien recueilli. Le programme est donc jusque là respecté. Reste maintenant à savoir s'il viendra comme prévu rue Edison. Ou pas.
18 h 10. De retour à la maison, Françoise est sur le pied de guerre. « Je prépare des verres ? » Anna de se souvenir à ce moment-là d'une visite qu'elle a reçu en 1975, quelques mois après la catastrophe. « Moi, c'est madame Giscard d'Estaing. » 18 h 15. Le téléphone sonne. « Ah d'accord... Vous me tenez au courant dans 5 minutes ? D'accord... » Au bout du fil, le chef de cabinet de Jean-Pierre Kucheida n'annonce pas une annulation de visite, juste qu'il préviendra si elle est annulée ! Trente secondes plus tard, dring dring dring.... « Bon, ils viennent quand même ! », annonce Françoise à son amie. François Hollande arrive. Alors, anxieuse ? « Un peu oui. Mais j'ai déjà reçu monsieur le préfet au mois de mai qui voulait lui aussi visiter une maison des mines. Il n'est resté que dans le salon. » Une fois dans la maison, entouré par Jean-Pierre Kucheida et Jean-Pierre Corbisez, président de la Communauté d'agglo d'Hénin-Carvin et maire de Oignies, François Hollande scrute poliment le salon. « C'est la société de logement des mineurs qui vous a trouvé cette maison ?
», l'interroge-t-il. Jean-Pierre Kucheida de préciser : « Oui, la Soginorpa. Rappelez combien vous avez d'enfants.
» « Cinq et quatorze petits-enfants et trois arrière petits-enfants. » « Déjà ! » s'étonne François Hollande qui l'interroge ensuite sur ses enfants, sa pension de reversion pour revenir à son logement. « Alors qu'est-ce qu'ils ont rénové ? » « Tout ! ». Si monsieur le préfet s'était contenté de rester dans le salon, François Hollande, lui, est allé découvrir une maison des mines jusque dans la cuisine. Et le jardin.
Quitte à visiter, autant le faire presque jusqu'au bout ! •
La Voix du Nord