Bernard Poignant C'est celui qui dit qui est !
La Droite cherche des angles d'attaque contre François Hollande. Logique et même « normal ». Pour elle jamais un socialiste n'a été à la hauteur de la fonction convoitée. Elle aime les socialistes quand ils sont morts. Elle adore Jean Jaurès et Léon Blum. Et encore, le Front Populaire est forcément pour quelque chose dans la défaite de 1940 ! Quant à Jaurès il est irréprochable. Son assassinat plaide en sa faveur, sauf que son assassin a été acquitté après la guerre et sa veuve condamnée aux dépens. La Droite aime aussi les socialistes quand ils sont étrangers : Blair est un modèle, Zapatero un exemple, Schroëder une référence. Un socialiste vivant et français ne trouvera jamais grâce aux yeux d'un conservateur français.
Martine Aubry est forcément archaïque : elle incarne les 35 heures. « Normal » : à chaque époque la Droite s'est opposée à la réduction du temps de travail, à celle des enfants d'abord dès 1841, aux 40 heures en 1936, aux 39 heures en 1982 et donc à ces 35 heures.
Les congés payés n'avaient pas plus de succès : quinze jours en 1936 c'était insupportable. Même la troisième semaine dont on parle peu car on la doit à Guy Mollet.
A chaque fois c'est une forme détournée du procès en légitimité que l'on fait à la Gauche toute entière. Du grand classique. La Droite pourrait au moins changer son disque.
Quant à François Hollande, il n'aurait pas été ministre. La belle affaire ! Si j'étais un électeur de droite, je ne trouverais pas que ce soit une garantie. Nicolas Sarkozy a été ministre du budget en 1993 et il détient le record de la dette. Il a été Ministre de l'Intérieur en 2002 et il détient le record des violences aux personnes. Il ne faut pas oublier qu'il a été quelque temps Ministre des Finances. Cela ne l'a pas empêché de proposer pour la France le système des prêts hypothécaires. On peut le résumer ainsi : vous pouvez vous endetter sans limite, la garantie étant la valeur de votre maison ou de votre appartement. Tant que vous pouvez rembourser, ça va. Sinon c'est l'effondrement. C'est ce qui est arrivé aux U.S.A, embrasant le monde entier. Bravo la clairvoyance ! Sarkozy cherche à faire oublier son manque de compétence en la matière en prétendant l'être dans le règlement de la crise. C'est l'histoire du pompier pyromane. Je fais le pari qu'un « non-ministre » aurait été bien meilleur depuis 2007.
Quant à l'expérience internationale dont serait privé François Hollande, parlons-en et comparons ! En ce domaine, Nicolas Sarkozy s'est montré très performant : à peine arrivé, il s'est précipité aux U.S.A pour pique-niquer avec la famille de GW Bush, s'excusant presque de l'opposition de Jacques Chirac à la guerre en Irak. Il a lancé le projet d'Union pour la Méditerranée, sans prévenir l'Allemagne, pire en l'écartant, ce qui dénotait une ignorance de la réalité européenne et de l'histoire allemande. Il a accepté les outrances du colonel Kadhafi en le recevant à Paris même s'il a tenté de se rattraper ultérieurement. Il a même invité à notre Fête Nationale du 14 juillet le Président Syrien El Assad. Ce n'était pas nécessaire.
Il est passé à côté de la révolution arabe en Tunisie et en Egypte, en pleine méconnaissance de ces sociétés. En Afrique, Il s'est montré indélicat et arrogant en prétendant que l'homme africain n'était toujours pas entré dans l'histoire. Au Vatican, il a fait allégeance au pape accompagné du comique troupier Jean-Marie Bigard, ce qui confine à la vulgarité. Dans un voyage éclair, il a passé quelques heures en Inde, humiliant ce peuple qui s'attendait à plus d'égard. Quant à la Chine, il n'a pas su s'y prendre avec le Dalaï-lama, cherchant à le recevoir sans déplaire aux autorités chinoises. En matière diplomatique, les tergiversations ne sont jamais pertinentes. Bravo l'expérience au total !
Pourquoi alors reprocher aux autres ce que l'on a pas soi-même réussi à atteindre ?