Michel Sapin: «Mettre en oeuvre une vaste réforme fiscale qui rétablisse la progressivité de l'impôt»
L'ancien ministre de l'Economie socialiste Michel Sapin, en juin 2009, à Paris. FACELLY/SIPA
INTERVIEW - Les réponses de Michel Sapin, secrétaire national à l'économie au PS...
Mercredi, le gouvernement annoncera de nouvelles mesures pour réduire le déficit français. Faute de croissance soutenue, des économies de 10 milliards d’euros seraient prévues dès 2012, pour rassurer les investisseurs sur la dette française. Des mesures rapides et très importantes, qui vont déterminer la gestion des affaires publiques pour les mois à venir. 20minutes.fr a interrogé plusieurs économistes et dirigeants (voir au bas de l'article) sur les choix qu’ils souhaiteraient faire pour réduire les déficits. Voici les réponses de Michel Sapin, secrétaire national à l'Economie au PS.
Le gouvernement va annoncer un plan de réduction des déficits dans le cadre de son budget 2012. Si vous étiez chargé de ce plan, quel devrait-être le montant du tour de vis à réaliser?
Les déficits publics ont explosé sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Depuis quatre ans, la France ne respecte plus ses engagements européens. Elle devra désormais le faire, en revenant à un seuil de déficit de 3% du PIB en 2013, contre 5,7% aujourd’hui. J’estime qu’il est donc nécessaire qu’une grande partie du chemin, au moins la moitié, soit fait dès 2012. Au lieu de ça, le gouvernement se contente de proposer une réduction limitée à 4,6% du PIB en 2012, et repousse la majeure partie de l’effort à l’après-présidentielle.
Quelles mesures d’économies voudriez-vous privilégier (économies sur les dépenses publiques, coupes sur les niches fiscales et sociales…)? A l’inverse, quels dispositifs souhaiteriez-vous impérativement épargner?
La principale dépense qui a augmenté ces dernières années est la dépense fiscale, par le biais de réduction d’impôts le plus souvent au profit des Français les plus privilégiés. Pour cela il ne faut pas seulement raboter les niches fiscales, mais mettre en œuvre une vaste réforme fiscale qui fasse autant contribuer les revenus du travail et les revenus du capital, et surtout qui rétablisse la progressivité de l’impôt sur le revenu. Cela passe par une fusion de l’impôt sur le revenu et de la CSG, et par une imposition de même ampleur du travail et du capital.
Le gouvernement travaille également sur des mesures de long terme sur la gestion des finances publiques, comme la règle d’or. Etes-vous d’accord avec cette mesure? Si non, quelle solution de long-terme défendriez-vous?
La règle d’or proposée par Nicolas Sarkozy n’aurait aucune conséquence contraignante. Comme d’habitude avec Nicolas Sarkozy, il s’agit de déclarations de principe sans conséquences concrètes. Nous partageons l’objectif de diminution des déficits mais, à l’inverse, le Parti socialiste propose des décisions concrètes, qui devront être mises en œuvre dès l’année prochaine et non en 2013 ou 2014.