Michel Sapin : "Jacques Chirac décerne un brevet d'homme d'État à François Hollande"

Publié le par repondre à Gauche 62

Le Point.fr : Jacques Chirac a-t-il fait de l'humour ou le croyez-vous sérieux ?


Michel Sapin : Je pense qu'il était sur le mode provocateur. Mais la provocation peut être sérieuse... Pour Chirac, Nicolas Sarkozy n'est pas un homme d'État. Et Jacques Chirac est à cet égard représentatif de ce que pensent beaucoup de gens. Certes, certains ne changeront jamais de bord. Mais de nombreux Français s'intéressent à la personnalité de celui qui va les représenter au nom de la France. Et ils n'en peuvent plus de Nicolas Sarkozy. À droite, ils savent bien que ni Alain Juppé ni même François Fillon ne seront candidats. Alors, ils regardent à gauche, et ils voient François Hollande.


C'est flatteur pour François Hollande ?

Chirac décerne un brevet d'homme d'État à François Hollande... Je n'en connais que deux qui puissent le faire aujourd'hui : Valéry Giscard d'Estaing et Jacques Chirac, car un ex-chef de l'État est le mieux placé pour juger de ce genre de chose. Et d'ailleurs, si on interrogeait Giscard, je ne suis pas sûr que sa réponse soit bien différente de celle de Chirac... Donc oui, c'est flatteur.

 

Ceux qui ne soutiennent pas François Hollande au PS ne manqueront pas de souligner ce lien avec un ex-chef d'État de droite, ce qui ne va pas forcément l'aider dans sa campagne...

Je ne vois pas en quoi ce serait mal. Les camarades du PS qui seraient tentés de jouer là-dessus pour lui nuire, et, sans doute, certains ont commencé, savent compter. En 2007, le PS a fait 47 % des voix à la présidentielle. Pour l'emporter, il faut faire 51 %, et pour cela, il vaut mieux engranger des voix au-delà du PS.


Après une bonne séquence, la campagne de François Hollande semble traverser une période de flottement...

C'est un flottement que toute la gauche a connu après l'affaire DSK. Cette période me semble digérée. François Hollande ne stagne pas, il s'adapte au nouveau paysage. Et les derniers sondages nous le prouvent, l'adaptation se passe bien. La gauche est toujours aussi forte et François Hollande reprend sa progression.


Martine Aubry doit-elle vite se déclarer candidate pour que les choses sérieuses commencent ?

C'est son problème. Elle a choisi le calendrier, elle veut l'utiliser comme bon lui semble. Je n'ai pas à porter de jugement sur les conditions de sa déclaration de candidature.

 

 

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Publié dans Actualités

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