« Mes choix sont clairs »

Publié le par repondre à Gauche 62

 


Depuis votre entrée en campagne… en 2009, vous avez décidé de tout miser sur l'économie, en mettant la crise au cœur de votre programme. Diriez-vous à ce titre que vous avez profité du retrait forcé de DSK pour gagner, par ricochets, la confiance que les Français lui accordaient dans ce domaine, du fait notamment de ses responsabilités à la tête du FMI ?
La France connaît depuis 2009 la récession la plus grave des 80 dernières années, notre endettement public menace désormais le pays tout entier, le déficit commercial atteint des records. Parler d'économie n'est pas un calcul politique, c'est le sujet de chaque Français. Je ne tire aucune gloire d'avoir compris immédiatement la gravité de la situation et d'insister aujourd'hui sur les conséquences sociales de la crise, sur le traitement du chômage de la jeunesse et des seniors, sur les choix difficiles qu'il faudra faire, à la fois fiscaux et budgétaires. Les miens sont clairs. Ils s'appuient sur une orientation : la justice s'agissant des impôts, la jeunesse et la préparation de l'avenir s'agissant des priorités. Je les ai annoncés de longue date. Je n'en changerai pas.

Précisément, le tour de vis que vous affichez dans le discours, pour sortir le pays de la crise, en pariant sur la suppression des niches fiscales, dont vous attendez l'essentiel de vos ressources, est-il compatible avec votre souhait de créer 12 000 postes d'enseignants par an, 60 000 en cinq ans ? Une mesure que Nicolas Sarkozy juge « irresponsable »…
Engager une grande réforme fiscale ne se limite pas à supprimer des niches. Il s'agit aussi de restaurer l'équité, les principes républicains inscrits dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen : que chaque citoyen contribue en raison de ses facultés, de ses moyens. Cette réforme permettra de dégager des ressources nouvelles et de financer quelques priorités pour l'avenir, car il faudra faire des choix, on ne pourra pas tout financer. Ma priorité, c'est la jeunesse, mon premier chantier, l'éducation. Maintenant, qu'est-ce qui est irresponsable ? Investir dans l'éducation ou abaisser l'ISF en augmentant la dette ? Les Français jugeront.
Dans votre livre-programme « Le Rêve français », vous défendez une « nouvelle donne » pour redorer le marché du travail. L'idée étant « d'être mieux au travail et d'être tous au travail ». Soit. Mais, avant de retrouver le « plein emploi », notre pays devra renouer avec la croissance. Or, celle-ci ne se décrète pas. Quels sont les leviers que vous envisagez d'actionner pour favoriser le retour de la croissance dans notre pays ?
La croissance ne se décrète pas, mais elle se construit. L'investissement dans l'éducation, soutien à la recherche, et les investissements publics concentrés sur les filières industrielles de demain, les emplois verts ! Ils sont les leviers de notre nouvelle croissance.

Concernant l'âge de la retraite, vous vous proposez, si vous êtes élu, de le ramener à 60 ans. Que dire du projet de François Fillon de le passer à 67 ans, au nom de la convergence franco-allemande ?
L'allongement de la vie active est une nécessité compte tenu de la progression de l'espérance de vie. Mais, le choix du gouvernement de revenir sur la retraite à 60 ans est très injuste : il pénalise d'abord ceux qui ont eu les carrières les plus longues, qui ont commencé à travailler tôt et doivent désormais cotiser plus longtemps que les autres.
Je propose donc que toute personne qui a cotisé aujourd'hui quarante et une années et demi puisse partir à la retraite à 60 ans.
Le Premier ministre, lui, propose que ce ne soit pas possible avant 67 ans. Les Français choisiront.

Promettre la création de 60 000 postes dans l'Éducation nationale, se positionner pour un retour à la retraite à 60 ans, n'est-ce pas mettre dans la corbeille du candidat socialiste des engagements qui ne seront pas tenables ?
Dans la conjoncture difficile qui est la nôtre, il faut faire des choix. J'annonce quels seront les miens. Ils seront financés et les engagements tenus, car il ne s'agit pas de dépenses nouvelles dans un système inchangé. En remettant à plat la fiscalité, je dégagerai des recettes nouvelles qui permettront de renouer avec l'équilibre des comptes publics mais également de dégager des marges de manœuvre pour quelques priorités. Vous connaissez les miennes.

Comment pensez-vous gérer vos « alliés » d'EELV sachant qu'ils posent comme préalable à leur soutien une prise de position radicale quant à la sortie de la France du nucléaire ?
Sommes-nous si en désaccord que cela ? Les écologistes souhaitent une sortie du nucléaire, qui n'est réalisable que dans quarante ou cinquante ans. Lorsque je discute avec eux, ils n'imaginent qu'une réduction progressive de la part du nucléaire, notamment parce que sinon nous devrions construire des centrales électriques utilisant des énergies fossiles et augmenter massivement nos émissions de gaz à effet de serre, ce que personne ne veut.
Je propose que l'on fixe pour 2025 un objectif de réduction de la part de l'électricité d'origine nucléaire de 75 % à 50 %. C'est un effort équivalent à celui de l'Allemagne. C'est le seul qui rende possible une substitution d'énergie verte à l'énergie nucléaire.

François Hollande Président de la République accepterait-il dans son gouvernement DSK ou Ségolène Royal ?
Le moment n'est pas venu de constituer un gouvernement. Si je suis élu, il sera grand temps de mettre les meilleurs talents et compétences au service des Français.

 

 

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