Hollande garde le cap
Francois Hollande, candidat aux primaires socialistes.
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Devant 1500 sympathisants socialistes réunis ce jeudi à Périgueux, le candidat a tenu à montrer que l'affaire DSK ne changerait rien à sa campagne.
C'était le premier meeting de François Hollande, depuis la chute de DSK, séisme politique majeur à gauche. L'ex-premier secrétaire allait-il changer de ligne, accélérer, modifier ses argumentaires? Pas le moins du monde. Au contraire. Des déboires de l'ex-patron du FMI, Hollande n'a pas dit grand chose. Juste - et en très peu de mots - son "immense tristesse" de voir les mésaventures d'un camarade, "justiciable" humilié devant les caméras. Mais à aucun moment, il n'a prononcé le nom de son camarade socialiste.
La raison? Hollande a voulu montrer qu'il n'était en rien perturbé par le drame de New-York, qu'il ferait comme favori la campagne qu'il faisait comme challenger. Même ton, même thématiques, donc. De la refonte de la fiscalité à la nécessité de retrouver un "rêve français", de la relance de la décentralisation aux créations de 500 000 places en crèches : Hollande a fait du Hollande. Il a rappelé sa priorité en direction de la jeunesse. Le fond de scène devant lequel il s'exprimait représentait des portraits d'enfants.
Hollande a promis de ne jamais attaquer ses rivaux
L'ex-premier secrétaire a enchaîné en se posant en futur "président normal" - encore l'un de ses dadas. "Nicolas Sarkozy est un président anormal, clamait-il. Un président normal n'annonce pas un projet de loi chaque fois qu'il regarde la télé et qu'un fait divers se produit". Il n'appelle pas son premier ministre un "collaborateur", a renchérit l'élu socialiste. Seule nouveauté notable : Hollande, qui a récemment effectué un voyage en Tunisie, a pris sur la question des réfugiés tunisiens une position qui ne fera pas l'unanimité dans son parti. "Le premier devoir est de les accueillir", a-t-il affirmé.
Puis, il a conclu son allocution de près d'une heure par un appel à l'unité des socialistes. Applaudissements nourris dans une salle pleine à craquer, où les militants venaient pour certains de Toulouse et de Tulle. Hollande a promis de ne jamais attaquer ses rivaux. Il a conclu en parlant de la "France que nous aimons", clin d'oeil au slogan officiel du PS version Martine Aubry ("la France qu'on aime"). Entre l'ex-premier secrétaire et la nouvelle patronne du PS, se joue une bataille de légitimité. C'est à qui apparaîtra comme le plus rassembleur. Le duel à distance ne fait que commencer.