Hollande et Babette s'en vont en guerre…
Rapide étape du candidat hier à Angoulême. Une visite à l'image du bonhomme : carrée et chaleureuse .
De retour d'une séance de dédicaces à la librairie Chapitre, François Hollande est arrivé hier, un peu après midi au centre commercial de la Grande- Garenne. Là, autour du restaurant « Chez Babette », il était attendu par près de 200 personnes, des élus, des militants socialistes, des sympathisants, des habitants du quartier.
La première chose qu'il s'est empressé de demander, c'est que lui soit présentée la maîtresse des lieux. « Mais elle est où, Babette ? » a-t-il lancé avant de lui claquer la bise et de s'exclamer : « Mais dites donc, pour attirer autant de monde ici, c'est sans doute que vous êtes candidate aux primaires socialistes ! »
Le ton était donné pour un raout ayant largement duré plus d'une heure entre conférence de presse un peu folklo dans la salle du restaurant et discussions sans chichis avec tous ceux qui étaient là.
Ceux qui le connaissent un peu savent que parmi les personnalités politiques de premier plan, François Hollande est sans doute celui qui est le plus attiré par le contact avec les gens. C'est, chez lui, naturel, normal ; quasiment un besoin. Il est même, parfois, obligé de se freiner tant il pourrait passer des heures à s'enquérir du sort de chacun, de son quotidien. Hier, comme à l'ordinaire, il a su prendre le temps. Tout en expliquant le sens de sa présence, de ces trois heures angoumoisines puisqu'il a débuté sa rapide étape charentaise par la visite de Magelis au cours de laquelle son président, Robert Richard, lui a détaillé tous les volets du Pôle Image, le guidant dans les locaux de l'Emca (École des métiers du cinéma et de l'animation) puis dans ceux du studio Normaal.
Ainsi a-t-il indiqué être là dans le cadre d'« un travail de respect de l'électeur ». « Je veux le convaincre de venir voter et lui dire que je pense pouvoir être celui qui va permettre de faire gagner la gauche et de faire avancer la France. Cela, en m'abstenant de prononcer la moindre phrase concernant les concurrents qui pourrait être utilisée demain par mes adversaires ! »
Il a également détaillé tous les aspects de sa campagne menée tambour battant (« je cours en permanence, la meilleure façon d'être en équilibre, c'est d'être toujours en mouvement ! »), évoqué les fameux sondages qui le placent largement en tête (« il ne faut pas nier leur signification mais j'en connais aussi la fragilité ! »), placé la barre du succès de ces primaires à un million de votants.
Avant de répondre à une question un peu plus farfelue dans la cité de la BD. « À quel personnage de BD pensez-vous qu'on puisse vous identifier ? » lui a demandé le représentant d'une grande radio. « Je crois être le candidat capable de faire campagne plus rapidement que son ombre », a-t-il répondu du tac au tac. Et d'ajouter : « Je devrais pouvoir écarter les Dalton et tous ceux qui se livrent à la corruption. »
Façon de faire un lien avec toutes les questions qu'il venait d'aborder en lien direct avec l'actualité, l'affaire des rétrocommissions de Karachi - il fait confiance à la justice et ne « veut pas croire » qu'un proche du pouvoir (Brice Hortefeux) ait pu se livrer à une violation du secret de l'instruction, sinon « ce serait extrêmement grave », l'idée d'une retraite à 67 ans (« un aveu utile » de ce que pourrait être un nouveau quinquennat Sarkozy).
Avant qu'il ne s'en aille, une dame s'est approchée de lui, l'a pris par le bras et lui a demandé : « Si en mai vous êtes président de la République, vous reviendrez un jour, aussi sympa, casser une croûte chez Babette ? »
Il l'a promis. Mais d'ici là, il a une grosse compétition à gagner le 16 octobre avant de partir en guerre jusqu'en mai. Mais avec Babette à ses côtés, comme on dit à la Grande-Garenne, « ça pourrait le faire !… »
SUD OUEST