Hollande dessine son portrait de président

Publié le par repondre à Gauche 62

En déplacement dans les Ardennes, le favori de la primaire a ébauché le chef de l'État qu'il veut être par opposition à Nicolas Sarkozy.

Hollande dessine son portrait de président

François Hollande dessine de meeting en meeting le portrait du futur président de la République.

 

 

C'est sous une standing ovation de quelque 300 sympathisants du Parti socialiste que François Hollande a conclu son déplacement dans les Ardennes mardi soir. Dans la salle bondée de la mairie de Charleville-Mézières, le candidat favori de la primaire socialiste vient de réserver près de la moitié d'un discours de 45 minutes à la dénonciation de la politique de l'actuel président de la République. "Un bon moyen de chauffer la salle", se félicite François Rebsamen, le maire de Dijon venu le soutenir avec la députée Aurélie Filippetti lors de ce déplacement avant la primaire socialiste.

 


Un peu plus tôt dans l'après-midi, lors d'une séance d'une heure et demie de questions de syndicalistes et de responsables associatifs à Revin, à quelques kilomètres de là, François Hollande a délivré ses premiers coups contre le chef de l'État. Les Ardennes, "il faut y venir, y revenir et ne pas y mentir". Une allusion claire à Nicolas Sarkozy qui y avait célébré en 2006 "la France qui souffre" et promis à ceux qui "travaillent plus" de "gagner plus", avant de revenir le 19 avril dernier. Dans une région soumise à une désindustrialisation massive et qui a subi de plein fouet le choc de la crise économique, l'ex-premier secrétaire du Parti socialiste joue sur du velours...


Assumer la sortie de Chirac

Devant les sympathisants socialistes, il s'en est donc pris non seulement aux promesses "non tenues" du chef de l'État sur le pouvoir d'achat, mais aussi aux "incohérences" de sa politique. Au premier rang desquelles le détricotage de dernière minute du fameux paquet fiscal avec la fin de la déduction des intérêts d'emprunt, de l'allègement des droits de succession, du bouclier fiscal, mais aussi le renoncement à la politique d'immigration choisie. "Dans quelques jours, il va annoncer (...) que c'en est terminé des fermetures de classes dans le primaire (...) Dans la dernière année de son quinquennat, Nicolas Sarkozy essaie de faire oublier les quatre premières."


Peine perdue, assure le député corrézien. "Je crois que les Français ne veulent plus de Nicolas Sarkozy (...) Je me demande même si, dans son camp, je ne citerai pas de nom (...), il y en a qui n'en veulent plus (...). La référence à la petite phrase de Jacques Chirac et son envie de voter Hollande est à peine voilée : le candidat à la primaire assume maintenant totalement la sortie de l'ancien chef de l'État, qu'il considère plus gênante pour la droite que pour lui. "Ça libère un électorat" las de Nicolas Sarkozy, a-t-il jugé en aparté.


"L'aspiration qui va rassembler les Français"

Très en verve, le favori de la primaire a multiplié les traits d'humour et a galvanisé les militants. Mais il en a aussi profité pour dessiner le président qu'il voudrait être s'il était élu. Une sorte d'anti-Sarkozy, dans la veine du candidat "normal" qu'il tente d'incarner depuis plusieurs semaines. Contrairement à l'actuel locataire de l'Élysée qui a lancé une avalanche de réformes en 2007, le socialiste veut se consacrer "à l'essentiel, chercher l'aspiration qui va rassembler les Français". "Moi, je ne fais pas partie de ces responsables politiques (...) qui imaginent qu'ils peuvent avoir réponse à tout, que tout sera possible (...) Je ne peux pas laisser penser que tout sera simple parce que nous aurions gagné en 2012 l'élection présidentielle (...) La France ne sera pas changée, là, en une nuit", a-t-il prévenu.


François Hollande n'a donc pas livré un catalogue de propositions, mais seulement défini quelques grandes priorités. La première d'entre elles, c'est la "jeunesse", dont il faire le coeur de son "engagement présidentiel". Avec comme mesure-phare le "contrat de génération" : toute embauche d'un jeune de moins de 30 ans dans une entreprise associée au maintien parallèle d'un senior dans l'emploi donnerait lieu à des exonérations de charges pour les deux postes. Toutes les marges de manoeuvre budgétaires seraient investies sur les dépenses d'avenir, comme l'éducation, la petite enfance.


Mais pour passer aux actes, François Hollande devra d'abord franchir l'étape primaire. À Charleville-Mézières, il a reçu le soutien du président de la région Champagne-Ardenne divers-gauche Jean-Paul Bachy. Un ralliement qui intervient alors que l'élu avait été exclu du parti en 2007 par l'ex-premier secrétaire pour avoir refusé de laisser la place au candidat choisi par la rue de Solférino. Le début d'une longue série ?
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Publié dans Actualités

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