François Hollande, ce qu'il n'a jamais dit
Le député de Corrèze est le grand favori de la primaire socialiste. © Baltel / Sipa
Ségolène Royal, Arnaud Montebourg, Manuel Valls, François Hollande, Martine Aubry et le PRG Jean-Michel Baylet sont en campagne en vue de l'investiture du PS pour l'élection présidentielle 2012. Ils sillonnent la France à la rencontre des électeurs, et des débats télévisés ont permis de populariser leur projet pour la France. Ils ont - presque - tous accepté de répondre à un questionnaire plus intimiste, qui révèle une part secrète de leur personnalité. Arnaud Montebourg nous a, en effet, finalement fait savoir qu'il ne souhaitait pas se prêter au jeu. Les autres ont pris le temps de le faire - par mail le plus souvent -, avec sérieux, humour parfois. Aujourd'hui, François Hollande, dont l'entretien a été réalisé en face-à-face.
Peut-on rire de tout ?
Non. On ne peut pas rire de la tragédie, de la barbarie, des violences sur les enfants.
Si vous étiez un homme politique d'un autre bord politique que le vôtre, vous seriez qui ?
Winston Churchill. Un Anglais qui aimait la France, un conservateur qui dérangeait.
Quel péché capital n'en est pas un ?
La gourmandise.
Le défaut pour lequel vous avez de l'indulgence ?
La témérité.
Si vous n'étiez pas Français, de quelle nationalité seriez-vous ?
Italien. Un Italien ressemble à un Français, en plus joyeux.
La rencontre qui a changé votre existence ?
Valérie (Valérie Trierweiler, sa compagne, NDLR).
La personnalité que vous n'inviteriez jamais à votre table ?
Le Pen, père et fille.
Avez-vous peur de la mort ?
Oui, parce que j'aime la vie.
Votre rituel avant de monter sur scène ?
Regarder mes petites fiches.
De quoi avez-vous honte ?
Du ridicule.
Derrière les fourneaux, ou les pieds sous la table ?
Je préfère être les pieds sous la table, mais je ne répugne pas à aller aux fourneaux.
Votre plus belle défaite ?
Les législatives de juin 1981 face à Jacques Chirac. C'était une belle défaite, mais, comme toute défaite, elle était cruelle.
Dans quel cas mentir est-il acceptable ?
Pour sauver sa famille.
Vous auriez aimé être le héros de quel épisode historique ?
La Révolution française.
Quel rapport entretenez-vous avec votre corps ?
Je lui mène la vie dure. Je ne le ménage pas et je le remercie chaque jour pour sa vaillance.
Le coup de folie que vous souhaiteriez avoir ?
Être candidat à l'élection présidentielle.
Le duel qui vous a le plus emballé ?
Le prochain.
Le tableau que vous aimeriez accrocher chez vous ?
La cathédrale de Rouen de Monet.
Un livre qui mérite d'être lu plus d'une fois ?
L'histoire de France de Jules Michelet.
Les sons qui vous entraînent ?
L'accordéon.
Et Dieu ?
Pas de réponse.
Votre plus grand regret ?
Ne pas avoir été là le jour de la mort de ma mère.
Expression libre
Dans cette élection, rien ne s'est passé comme prévu. Et pourtant rien n'a entamé ni freiné ma démarche, comme si j'avais considéré dès le départ que ce qui comptait, c'était moins les autres que la rencontre avec les Français. Avec cette question lancinante : pourquoi, à un moment, ils décident de choisir celui-ci ou celle-là ? Et pourquoi leur regard, d'un seul coup, vient à changer ?
