Après les suppressions, la globalisation et l’annualisation: les professeurs dans le viseur.
Par Bruno Julliard et Yannick Trigance, pôle éducation de la campagne de François Hollande.
Lors de la remise d’un rapport par le Comité stratégique des langues ce mardi 7 février, Luc Chatel a proposé deux mesures, qui tendent à une remise en cause profonde du statut des enseignants à savoir la globalisation des horaires et l’annualisation du temps de travail.
Sous couvert d’expérimentation à travers l’enseignement des langues, Luc Chatel cherche à réformer le temps de travail des enseignants et à faire d’eux, une nouvelle fois, le bouc émissaire de l’échec de notre système éducatif.
Cela ne lui a pas suffit de supprimer 80 000 postes dans l’Education nationale, il faut maintenant qu’il réforme sans concertation, le temps de travail et les missions des enseignants.
L’annualisation du temps de travail se traduit en réalité par une augmentation des heures effectuées par semaine à salaire, bien évidemment, égal. Or actuellement, les enseignants ne peuvent pas assurer davantage d’heures de cours.
Nous ne pouvons pas tolérer que le ministre minore à ce point la qualité et la quantité de travail fourni par le corps professoral.
Une enquête récente prouve qu’un personnel de l’éducation sur quatre souffre au travail, un taux supérieur à celui des salariés et qui est le double de celui des cadres.
Il est temps de reconnaître cette profession à sa juste valeur, pour qu’elle cesse de se sentir à ce point méprisée, abandonnée et stigmatisée.
Le métier d’enseignant est au cœur du projet éducatif que nous portons avec François Hollande. La question du recrutement, mais aussi celles de la formation - initiale et continue – qu’il faudra entièrement refondre, de la revalorisation, notamment salariale, seront au centre des négociations qui s’ouvriront dès l’été 2012 avec les enseignants et leurs représentants